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日志


9月24日

Les origines

 
L'HISTOIRE
 
Parler du Gwoka, c'est parler d'une expression musicale qui a vu le jour dans les souffrances de l'esclavage, qui a été interdite, réprimée, qui a marronné en prenant des " chimen kosyè ", qui a résisté pour accompagner ce peuple vers son destin lui servant comme le créole guadeloupéen tantôt de béquille tantôt de lance enflammée
 

Autrefois, le "gwoka" était joué par les esclaves des plantations les jours de fête, sur des tambours "ka" typiquement guadeloupéens fabriqués avec des barils de morue ou de viande salée.

 

Depuis les années 70, chanté en créole par un soliste et un choeur, il est devenu le symbole de la culture guadeloupéenne revendicative, en particulier lors des grandes grèves des travailleurs de canne à sucre.

"Musique de nègre-marron", "musique de vieux nègre", Les neg'marrons étaient des personnes à l'époque qui fuyaient les mauvais traitements et les plantations pour se réfugier dans les montagnes. Ils avaient choisi la Liberté.

 

le Gwoka et ses sources africaines ont été longtemps méprisés par les promoteurs de l'assimilation : les pères Blancs en particulier.

 

Il s'agissait, comme le dit le père Céleste, d'une musique "pas très catholique" où le dialogue qui cherche à s'établir entre le musicien et le corps du danseur, s'oriente vers la transe et l'érotisme plus que vers des attitudes de moralité convenue.

 

"Le tambour du vieux nègre chante dans la misère", dit Guy Konket qui diversifia les rythmes, et le "lewoz", danses et chants du gwoka scandés par les tambours, "c'est la transpiration, la douleur de la chair humaine".

 

Les anciens, Napoléon Jernidier dit "Carnot" et Napoléon Magloire, jouent et approuvent. 

 

Marcel Lollia dit Vélo (1931-1984) virtuose et génie du ka, a dit sur l'origine du GwoKa " An pa sav. Avé l'esklavaj nou soufé onlo, mé avè GWOKA la nou pa ka soufé ankô" Soit " J'ignore d'où et comment me vient cette musique. Nous avons beaucoup souffert de l'esclavage mais avec le GWOKA nous finirons de souffrir"
 
LES RYTHMES

Dès le 18ème siècle (selon Emma Monplaisir) les danses essentiellement africaines (danse congo, danse du serpent) avaient complètement disparu pour laisser place aux danses en soliste ou de couple dont la plus célèbre était le "calenda".

Les rythmes du gwoka se sont élaborés au fil des années. Ils se composent actuellement de sept "konnyé" rythme de base auxquels correspondent 7 façons de chanter et de danser. Ils ont pour noms :

Le Toumblack

C'est le plus connu qui est aussi danse de l'amour avec ses postures suggestives. Se rapprochant du "calenda", il rappelle les danses de la fertilité en Afrique (le "toumblak" devient "toumblak chiré" quand le rythme s'accélère jusqu'à l'envoutement).

le Kaladja

Danse de l'amour (triste) - chagrin ("lenbé") ou événement triste.

Le Graj

Danse de travail dont les mouvements évoquent les différentes phases de la fabrication de la farine de manioc.

Le Mendé

Elle est aussi un rythme et une danse de carnaval. Il symbolise l'évasion collective. Ce rythme incite à la marche et au défilé.

Le Woulé

Sorte de valse piquée appelée aussi "ballon", était autrefois dansé avec un foulard (danse de travail).

Le Pajanbel

Rythme et danse de travail qui rappellent les mouvements saccadés des esclaves des plantations.

Le Lewoz

Il est sans doute le rythme le plus complexe et difficile à exécuter. C'est aussi une danse d'incantation probablement désacralisée et provenant des sociétés secrètes à l'origine des révoltes aux XVIIIème siècle.
L'origine de son nom est aussi énigmatique que celle du "ka" ou du "gwoka".
Une variété du "léwoz" traditionnel "indestwas" dénommé alors "léwoz jabren" est plus récemment apparu avec de "gran joua" comme Carnot, Baguy, et Conquet

 

DESCRIPTION DE LA MUSIQUE

Le "gwoka", musique répétitive repose sur de nombreux éléments récurrents que sont surtout la forme du rythme du "boula", les battements de mains et les phrases mélodieuses du chœur (répondè).


Cependant, grâce à l'improvisation et le retour constant à la norme le "gwoka" prend souvent un caractère envoûtant. Récemment encore on pouvait voir des danseurs dans un état second proche de la transe. Les mélodies sont généralement construites sur un mode pentatonique (les spécialistes s'y reconnaîtront), ce qui n'empêche pas certains chanteurs d'utiliser quelque fois d'autres échelles et registres.


L'art de l'improvisation représente un des fondements du gwoka. Chanteurs, danseurs, et tambourinaires ont toute liberté pour s'y livrer à condition toutefois qu'ils respectent le tempo de la musique et ne rompent pas la chaîne harmonique.

Le Chanteur

Dans le "gwoka", le chanteur tient une place prépondérante et de ce fait doit faire preuve de "lokans"d'éloquence. Il est en quelque sorte le chef d'orchestre qui dirige les choristes et les "tanbouyé", n'hésitant pas à les encourager ou à les réprimander s'il n'est pas satisfait de leur prestation. Le texte de ses chansons traite généralement de la vie quotidienne du peuple.
Les premières paroles de son chant qui constitue ce qu'on pourrait appeler avec imprécision "le refrain" seront reprises par les choristes qu'il sollicitera en chantant avant de faire de même pour les tambourinaires ou "tanbouyé

Les Choeurs/ Les répondés

Le chanteur a toujours à ses cotés un petit groupe de gens fidèles, experts comme lui-même et qui sont chargés de lui donner la réplique, donc de répondre le plus juste possible.

Les tambourinaires/Les tambouyés

Les "tanbouyé" sont normalement au nombre de trois (2 "boularien" et 1 "makè") même si aujourd'hui plusieurs groupes en mettent plus. Le chef des "tanbouyé", c'est à dire le "makè" tient le rôle de soliste et frappe sur le tambour au son le plus aigu tout en étant assis sur un petit banc, son instrument placé devant lui. Il semblerait qu'autrefois il se tenait lui aussi à califourchon sur son "ka", et que VELO ait été l'initiateur de la nouvelle formule.

C'est en générale le "makè" qui s'exécute le premier pour lancer le morceau sous l'injonction du chanteur. Les autres tambourinaires produisent un son grave assis à califourchon sur leur instrument. Ils ont la lourde responsabilité, tels des métronomes, de maintenir le rythme de base afin que le soliste puisse s'exprimer. Il arrive souvent que la virtuosité du "makè" touche ceux qui écoutent au point de leur donner des frissons ou de leur mettre les larmes aux yeux, d'autant plus qu'un véritable dialogue s'établit entre le "makèet le "dansè", évoquant tantôt la complicité, tantôt la lutte.

Les Danseurs

C'est une danse de l'improvisation, une communion avec le marqueur. Elle est un mélange de sensualité et de combat où il feint de tomber (comme dans la vie) Mais il relève toujours et affirme la liberté, la joie qu'il l'anime.